La campagne électorale est lancée depuis plusieurs mois déjà avec dans son sillage tout ce qui concerne les soutien "people" des candidats. Même si plusieurs études ont démontré que ces soutiens n'avaient aucune influence sur le résultat des élections (en 2002, Jospin avait la liste de soutien la plus impressionnante des 30 dernières années, pour le résultat que l'on sait...), je tiens à décrypter brièvement l'attitude de deux rappeurs très connus et diamétrialement opposés. L'un a une image de bad boy violent : Joey Starr, l'autre celle d'un fumeur de pétard planant 24h/24 : Doc Gyneco... pourtant le danger ne vient pas de celui qu'on croit...
Joey Starr d'abord : militant pour que les jeunes en général et les jeunes de banlieue en particulier aillent s'inscrire sur les listes électorales plutôt que de bruler des bagnoles après les émeutes de 2005 au nom du collectif "devoir de mémoire", Joey Starr n'a pas cherché à récupérer ces actions à des fins politiques : pas de consignes de votes même si on sait clairement pour qui il ne votera pas, difficile de savoir pour qui il votera. Discours militant au cours de ses concerts comme hier soir à Limoges où il n'a eu de cesse de répéter "allez voter en avril" entre chaque morceau sans oublier d'égratigner les principaux candidats au passage, karchérisant Sarkozy, ou mystifiant Ségolène Royal dont le programme est pour l'instant invisible. Pas aussi abruti qu'on voudrait le faire croire ce Joey.
Doc Gyneco maintenant. Sous une apparente placidité se cache une personnalité ambigüe : Membre du ministère Amer au milieu des années 90, collectif de rap connu pour des textes anti-flics, etc, etc... du vrai rap quoi... Ce mec, sensé être un rebelle dans l'âme se retrouve à traiter les habitants de banlieue dont il vient de "clowns", se rallie à Sarkozy dont il dit que c'est "son petit maître à penser" (et il a bien besoin de quelqu'un pour penser à sa place). Doc Gyneco vient même de sortir un bouquin : "Les grands esprits se rencontrent" (... Il parle de qui là?) et fait donc la promo de ce bouquin sur tous les plateaux télé. Aussi inconsistant qu'à l'accoutumée, il est incapable d'expliquer clairement pourquoi il soutient Sarkozy et ne sort que des phrases dont on ne connait jamais la fin. Le clash est finalement arrivé samedi soir sur le plateau de Ruquier où il s'est fait il est vrai attaquer de front par les divers chroniqueurs. Le summum du ridicule a été atteint quand Michel Polac a fait remarquer que ledit bouquin avait été écrit par 7 "nègres" (Gyneco les remercie d'ailleurs dans "l'ouvrage") et que parmi ces nègres, deux étaient bien connus pour être d'extrème droite... ouch... Du coup Bruno (c'est son vrai prénom) s'est brutalement redressé pour vociférer : "je savais que vous étiez malade, mais pas que vous étiez en phase terminale!" : la grande classe. Peut-être encore plus stupide qu'on le croit le Doc...